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La LPHF et The Tragically Hip s’unissent dans une collaboration aussi symbolique que canadienne

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par Ben Osborne

Le lien entre le hockey et la musique au Canada a toujours été facile à comprendre. Il résonne dans les listes de lecture des arénas, dans les vestiaires avant les matchs et dans les écouteurs lors de longs trajets d’autobus entre deux patinoires. Peu de groupes se trouvent aussi naturellement à ce croisement que The Tragically Hip. Ce groupe, dont la musique s’est depuis longtemps tissée dans la trame émotionnelle de la vie canadienne, a aussi marqué le rythme même du hockey pour de nombreuses joueuses et de nombreux joueurs.

Ce chevauchement culturel particulier a maintenant pris une nouvelle forme tangible. Grâce à une collaboration avec la LPHF lancée à la fin janvier, le patrimoine de The Tragically Hip et la ligue professionnelle qui connaît la croissance la plus rapide dans le sport se sont réunis pour créer une collection spéciale de produits dérivés célébrant deux institutions qui ont façonné l’identité canadienne chacune à leur manière.

Pour Jayna Hefford, quadruple médaillée d’or olympique, membre honorée du Temple de la renommée du hockey et maintenant vice-présidente directrice des opérations hockey de la LPHF, ce partenariat revêt une grande importance personnelle.

Hefford a grandi à Kingston, en Ontario, la même ville où The Hip, comme les fans les appellent affectueusement, s’est formé au début des années 1980. Dans une communauté soudée reconnue pour avoir produit des figures influentes autant dans le hockey que dans la musique, le lien entre ces deux univers semblait souvent naturel.

« En venant de Kingston, la ville d’origine du groupe, mon grand frère était un grand fan quand j’étais jeune, se souvient Hefford. Mais en devenant adolescente, je me suis vraiment mise à écouter leur musique. »

Cette connexion a fini par devenir beaucoup plus significative. Lors du Championnat du monde féminin de hockey de 2000 à Mississauga, des membres du groupe ont assisté à un match au cours duquel Hefford a marqué deux buts en troisième période dans une spectaculaire victoire en prolongation. Après la rencontre, un premier lien s’est créé.

Comme l’a raconté Gord Downie, le légendaire chanteur du groupe aujourd’hui décédé, dans cette entrevue de 2002 où il évoquait ces Championnats du monde : « Jayna a ramené l’équipe dans le match, puis elle a créé l’égalité. Tout ce qu’elle fait, c’est marquer des buts gagnants… Elle est vraiment incroyable. C’est mon héroïne. »

Au fil des années, la relation entre Hefford et les membres du groupe s’est transformée en véritable amitié. Elle les a vus performer un peu partout, des grandes arénas canadiennes jusqu’à de plus petites salles américaines comme le House of Blues de Chicago. Et parfois, le lien se prolongeait même sur la glace.

« Il y a eu un moment où j’ai eu la chance de jouer au hockey avec Gord Downie. Il m’a invitée, avec quelques coéquipières, à jouer au hockey extérieur sur une patinoire où il jouait régulièrement, raconte Hefford. C’était un homme brillant qui adorait profondément le hockey et qui était extrêmement passionné par les Bruins de Boston. » (Le parrain de Downie était Harry Sinden, ancien entraîneur et dirigeant des Bruins.)

Les membres de The Hip n’étaient pas seulement admiratifs de Jayna Hefford : ils aimaient aussi leur pays et le hockey, et ont fièrement soutenu financièrement des programmes pour filles à Kingston. Comme l’a rappelé récemment le bassiste Gord Sinclair dans une publication Instagram évoquant ces souvenirs, l’un des croisements les plus mémorables entre le groupe et le hockey s’est produit lors des Jeux olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City. Après que le Canada eut remporté sa première médaille d’or olympique en hockey féminin, avec le but gagnant marqué par Hefford, The Hip ont offert une performance pour les athlètes canadien·nes lors d’une célébration le lendemain.

Hefford et ses coéquipières sont montées sur scène avec le groupe pendant qu’il interprétait la chanson Fireworks.

« C’était un moment tellement marquant, se rappelle Hefford. Notre première médaille d’or olympique, et ils étaient là pour célébrer avec nous. C’était vraiment génial. C’est un groupe tellement canadien, et leur musique jouait souvent dans le vestiaire. »

Ces histoires entremêlées de musique, de communauté et de hockey ont finalement mené à la collaboration qui lie maintenant officiellement le groupe à la LPHF.

« J’étais vraiment emballée de faire ça, dit Hefford. À quel point c’est génial de créer une collaboration qui sort du monde du hockey tout en restant fidèle à ce sport? »

La collection qui en résulte combine l’identité visuelle de la LPHF avec des images et des références familières aux fans de The Tragically Hip. Elle est conçue non seulement comme une collection de produits dérivés, mais aussi comme un point de rencontre entre deux communautés de partisans et de partisanes passionnées. « Leur communauté de fans est énorme et très variée, explique Hefford. Des gens dans la soixantaine qui ont grandi avec leur musique jusqu’aux jeunes qui l’adorent encore aujourd’hui. »

Cet attrait large reflète ce que la LPHF est elle-même en train de bâtir. En très peu de temps depuis son lancement en janvier 2024, la Ligue a élargi l’audience du hockey féminin partout en Amérique du Nord, attirant de nouveaux·elles partisan·es tout en ravivant l’enthousiasme des partisan·es de longue date.

Pour Hefford, ce sentiment d’impact culturel partagé rend cette collaboration particulièrement appropriée. « Une grande partie du succès que nous connaissons dépasse le hockey féminin et le sport féminin, dit-elle. Pour The Hip, ils sont tellement liés au Canada et au hockey. Ils ont toujours eu un impact incroyable dans leur communauté et partout au pays. »

C’est aussi ce qui rend cette collaboration significative pour la Ligue. La LPHF s’est rapidement imposée comme un nouveau chapitre dans l’histoire du hockey féminin, tout en restant profondément connectée aux générations de joueuses et aux communautés qui ont fait vivre ce sport bien avant l’existence d’occasions professionnelles.

Dans ce sens, s’associer à The Tragically Hip a une portée symbolique. Cela relie l’avenir du sport à une trame sonore culturelle qui a accompagné tant de parcours de hockey au Canada, sur les lacs gelés, dans les vestiaires olympiques et maintenant dans les arénas de la LPHF.

Comme l’ont dit les joueuses des Sceptres de Toronto, Lauren Messier et Allie Munroe (de gauche à droite sur la photo en haut), dans une vidéo Instagram publiée en janvier à propos de The Tragically Hip : « Ce sont des icônes canadiennes. Alors tout le monde, allez chercher vos chandails, allez chercher vos produits dérivés. »

Visitez la page The Tragically Hip sur la boutique de la LPHF pour vous procurer votre équipement dès maintenant!

Photo principale : Elle Marie

Photo olympique de Hefford : Hockey Canada