Pour Jayna Hefford, quadruple médaillée d’or olympique, membre honorée du Temple de la renommée du hockey et maintenant vice-présidente directrice des opérations hockey de la LPHF, ce partenariat revêt une grande importance personnelle.
Hefford a grandi à Kingston, en Ontario, la même ville où The Hip, comme les fans les appellent affectueusement, s’est formé au début des années 1980. Dans une communauté soudée reconnue pour avoir produit des figures influentes autant dans le hockey que dans la musique, le lien entre ces deux univers semblait souvent naturel.
« En venant de Kingston, la ville d’origine du groupe, mon grand frère était un grand fan quand j’étais jeune, se souvient Hefford. Mais en devenant adolescente, je me suis vraiment mise à écouter leur musique. »
Cette connexion a fini par devenir beaucoup plus significative. Lors du Championnat du monde féminin de hockey de 2000 à Mississauga, des membres du groupe ont assisté à un match au cours duquel Hefford a marqué deux buts en troisième période dans une spectaculaire victoire en prolongation. Après la rencontre, un premier lien s’est créé.
Comme l’a raconté Gord Downie, le légendaire chanteur du groupe aujourd’hui décédé, dans cette entrevue de 2002 où il évoquait ces Championnats du monde : « Jayna a ramené l’équipe dans le match, puis elle a créé l’égalité. Tout ce qu’elle fait, c’est marquer des buts gagnants… Elle est vraiment incroyable. C’est mon héroïne. »
Au fil des années, la relation entre Hefford et les membres du groupe s’est transformée en véritable amitié. Elle les a vus performer un peu partout, des grandes arénas canadiennes jusqu’à de plus petites salles américaines comme le House of Blues de Chicago. Et parfois, le lien se prolongeait même sur la glace.
« Il y a eu un moment où j’ai eu la chance de jouer au hockey avec Gord Downie. Il m’a invitée, avec quelques coéquipières, à jouer au hockey extérieur sur une patinoire où il jouait régulièrement, raconte Hefford. C’était un homme brillant qui adorait profondément le hockey et qui était extrêmement passionné par les Bruins de Boston. » (Le parrain de Downie était Harry Sinden, ancien entraîneur et dirigeant des Bruins.)
Les membres de The Hip n’étaient pas seulement admiratifs de Jayna Hefford : ils aimaient aussi leur pays et le hockey, et ont fièrement soutenu financièrement des programmes pour filles à Kingston. Comme l’a rappelé récemment le bassiste Gord Sinclair dans une publication Instagram évoquant ces souvenirs, l’un des croisements les plus mémorables entre le groupe et le hockey s’est produit lors des Jeux olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City. Après que le Canada eut remporté sa première médaille d’or olympique en hockey féminin, avec le but gagnant marqué par Hefford, The Hip ont offert une performance pour les athlètes canadien·nes lors d’une célébration le lendemain.