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Une nouvelle collaboration entre la LPHF et Peace Collective met la santé mentale à l’avant-plan

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par Ben Osborne

En mai, la LPHF met à profit sa plateforme en pleine croissance pour une campagne qui dépasse largement le cadre du hockey. En partenariat avec la marque canadienne de vêtements Peace Collective, la Ligue lance une nouvelle initiative pour le Mois de la sensibilisation à la santé mentale, axée sur une collection de vêtements en édition limitée arborant le message : « Break the Ice on Mental Health » (Briser la glace sur la santé mentale).

La campagne, maintenant offerte dans les boutiques en ligne canadienne, opens in a new tab et américaine, opens in a new tab, combine produits dérivés, récits et impact caritatif. Des dons de la LPHF et de Peace Collective appuieront Sophie’s Squad, opens in a new tab et Jeunesse, J’écoute, opens in a new tab. Plus important encore, elle place les joueuses au cœur d’une conversation que de nombreux et nombreuses athlètes se sentaient autrefois contraints et contraintes d’éviter.

Trois joueuses de la LPHF ont contribué à la création de la collection et en sont les visages : la défenseure de la Victoire de Montréal Erin Ambrose, l’attaquante de la Charge d’Ottawa Gabbie Hughes et la défenseure du Fleet de Boston Haley Winn. Chacune apporte une perspective différente, mais toutes partagent le même objectif : faciliter les échanges ouverts sur la santé mentale, tant pour les athlètes que pour les partisans et partisanes.

Pour Ambrose, cette mission est devenue profondément personnelle. La défenseure vétérane a parlé publiquement ces dernières années de ses propres expériences avec l’anxiété et la dépression, utilisant sa voix pour montrer que les défis liés à la santé mentale peuvent toucher tout le monde, y compris les athlètes d’élite.

« Dans mon parcours avec la santé mentale, j’ai décidé d’en parler publiquement et d’écrire cet article. Hockey Canada, opens in a new tab m’avait approchée pour le faire pendant la COVID. Il y avait beaucoup plus de sensibilisation à la santé mentale et aux difficultés qui y sont liées… Plus que tout, je veux que les gens sachent : je suis une joueuse de hockey, je suis une athlète, et je vis les mêmes difficultés que quelqu’un qui travaille de 9 à 5. »

Cette honnêteté va à l’encontre de la culture dans laquelle grandissent de nombreux et nombreuses athlètes, où la dureté est valorisée et où la vulnérabilité peut être perçue comme une faiblesse. Ambrose connaît bien cette pression.

« Je pense que chaque jour, je ressens la pression de paraître forte, que ce soit devant mes coéquipières, mon personnel d’entraînement ou les partisans et partisanes. On ne veut jamais montrer de faiblesse, a-t-elle expliqué. Mais en même temps, lorsqu’il est question de santé mentale, il y a une différence entre lutter sur le plan physique au hockey et lutter sur le plan mental. »

Ambrose affirme qu’apprendre à se confier à des personnes de confiance a été l’une des étapes les plus importantes pour gérer ces défis. Elle croit que le fait de prioriser et d’aborder ouvertement le bien-être mental l’a aidée, tant sur le plan personnel que comme coéquipière.

Pour Hughes, la campagne est liée à la tragédie, au souvenir et à un profond sens du devoir. L’attaquante d’Ottawa est ambassadrice de Sophie’s Squad, un organisme voué à améliorer la sensibilisation à la santé mentale chez les athlètes et leurs familles. Il a été créé en mémoire de Sophie Wieland, une athlète de 14 ans que Hughes avait connue et entraînée, et qui est décédée par suicide.

À la suite de cette perte, Hughes dit qu’une leçon s’est imposée : le silence peut être dangereux. « La chose la plus importante que j’ai apprise, c’est d’avoir ces conversations, a déclaré Hughes. J’avais mes propres difficultés et je me disais que si j’avais été à l’aise de les partager, peut-être que cela aurait pu changer quelque chose pour Sophie. Maintenant, j’essaie de m’exprimer, d’avoir ces conversations, d’être vulnérable et de continuer à faire savoir aux autres que c’est correct. »

Hughes se souvient avec émotion de la joie que Sophie apportait aux autres. Elle la décrit comme talentueuse en musique, sportive et dotée d’un sourire capable d’illuminer tout un vestiaire. Ce souvenir continue d’inspirer le travail réalisé en son nom. « Nous voulons vraiment mettre fin à la stigmatisation qui pousse les athlètes à croire qu’ils doivent cacher leurs difficultés en santé mentale, » a ajouté Hughes.

Pour Winn, la plus jeune des trois porte-parole, la perspective est différente, mais tout aussi pertinente. La recrue du Fleet de Boston vit la transition vers le niveau professionnel, où les attentes augmentent rapidement et où la performance peut devenir omniprésente.

« Briser la glace sur la santé mentale, c’est simplement ne pas avoir peur d’en parler et de dire aux autres ce que l’on traverse et de quelle aide on a besoin, » a expliqué Winn.

Winn affirme que l’une des plus grandes leçons qu’elle apprend en début de carrière est que le succès repose sur l’équilibre. Même pour les athlètes d’élite, l’identité ne peut pas être uniquement liée aux résultats sur la glace.

« Être une athlète professionnelle s’accompagne de nombreuses pressions qui peuvent affecter la santé mentale. C’est pourquoi il est si important d’être entourée des bonnes personnes, que ce soit ses coéquipières, le personnel d’entraînement ou un réseau de soutien à l’extérieur de la patinoire », a-t-elle expliqué, rappelant que « le sport que nous pratiquons, c’est ce que nous faisons, pas qui nous sommes ».

Ce message pourrait particulièrement résonner auprès des jeunes joueuses qui évoluent dans des systèmes compétitifs où la valeur personnelle peut se confondre avec la performance, les classements et les places dans la formation. Winn souligne également que les gens souffrent souvent en silence parce qu’ils pensent que personne ne peut les comprendre.

« Il est important que les athlètes puissent parler de santé mentale, parce que souvent, lorsqu’on traverse une période difficile, on a l’impression d’être la seule personne à vivre cela, a-t-elle dit. Mais personne ne peut t’aider si tu n’en parles pas. »

Les vêtements eux-mêmes sont conçus comme un point de départ pour susciter la conversation. Le fondateur et chef de la direction de Peace Collective, opens in a new tab, Yanal Dhailieh, explique que l’entreprise considère depuis longtemps les vêtements comme un moyen de bâtir une communauté et de provoquer des échanges significatifs.

« Chez Peace Collective, la façon dont nous abordons la sensibilisation à la santé mentale repose vraiment sur la création de conversations, a déclaré Dhailieh. L’un de nos slogans est : “Comment vas-tu, vraiment?” »

Il estime que les attitudes envers la santé mentale se sont améliorées ces dernières années, mais que la stigmatisation persiste à un niveau personnel, notamment lorsqu’il s’agit de reconnaître ses propres difficultés. C’est pourquoi les campagnes menées par des athlètes peuvent avoir un impact aussi puissant.

« Le fait que les joueuses aient participé à la conception de cette collection et qu’elles racontent une histoire qui leur est propre envoie un message aux partisans et partisanes : elles s’en soucient réellement, a-t-il affirmé. Au bout du compte, ce sont des athlètes. Leur travail est de performer, mais elles choisissent d’aller au-delà parce que c’est important pour elles. »

Ambrose voit dans cette initiative une étape importante : « Le fait que nous le fassions en tant que ligue, que Haley, Gabbie et moi ayons toutes décidé de participer, est extrêmement important, car nous ne sommes que trois joueuses parmi tant d’autres. Peut-être que c’est à nous d’amorcer ces conversations et de les faire avancer. »