« C’est vraiment spécial ici »
Danielle Kingsbury et son partenaire, Kevin Hanse, sont détenteurs d’abonnements de saison des Sirens de New York. Ce duo du nord du New Jersey a assisté à son premier match de la LPHF en 2024. Ils sont tombés sous le charme du talent des joueuses, de l’inclusivité de la ligue et de l’avenir du hockey féminin.
Depuis, l’aventure s’est avérée remarquable. Ils ont parcouru le continent pour suivre les Sirens. Au Prudential Center, ils ont déclenché la sirène pour lancer un match, fait un tour de Zamboni et même marché sur la glace aux côtés d’une joueuse lors du dernier match à domicile.
Mais quelque chose de plus grand s’est construit entre ces moments, l’apprentissage des règles, le visionnement de vidéos de hockey et la familiarisation de Hanse avec la convention collective de la LPHF. Hanse, qui travaille dans un cabinet d’avocats, et Kingsbury, enseignante au secondaire, sont devenus membres d’une communauté qui leur permet d’exprimer leur amour pour une équipe et de contribuer à son succès.
Ce dimanche-là, Hanse et Kingsbury étaient prêts. Lui portait un complet des Sirens écailleux, de couleur aigue-marine, confectionné dans une matière qui ferait fuir n’importe quel chapelier. Kingsbury arborait un chandail des Sirens couvert d’autographes et avait les cheveux teints en turquoise.
Alors que Hanse attendait le moment de lancer des chants et d’agiter des pancartes faites à la main, dont une pancarte « I ♥ NY » revisitée avec des sirènes à la place de l’image emblématique, Kingsbury se frayait un chemin dans la foule du Prudential Center, quelques instants avant la mise au jeu en cet après-midi du début mars.
« C’est vraiment spécial ici », affirme Kingsbury, qui a accueilli une nouvelle partisane de la LPHF avec un bracelet à breloques « Wee-Woo », un pompon et une pancarte pendant l’échauffement d’avant-match. « L’ambiance et la gentillesse des gens ici sont incomparables. »
Kingsbury était une hôtesse formidable. Mais fébrile d’impatience, elle a finalement rejoint la file de partisan·es qui attendaient d’entrer. Le match allait commencer.
« Je peux être pleinement moi-même à un match de la LPHF »
Peu importe qu’il s’agisse de nouveaux ou nouvelles adeptes du sport, comme Kingsbury et Hanse, ou de vétéran·es aguerri·es des débats interminables sur la « GOAT », l’engouement pour la LPHF va plus loin. Beaucoup attendaient ce moment, qu’ils en aient pris conscience ou non.
Direction Toronto. Debbie Harrison, une retraitée dans la soixantaine, adorait le hockey en grandissant, mais n’avait jamais vu quelqu’un comme elle évoluer au niveau professionnel. Trop de tentatives de ligues de hockey féminin ont vu le jour… avant d’échouer. Puis, la LPHF est arrivée, et elle est restée. Aujourd’hui, Harrison est devenue une sorte de célébrité sur les réseaux sociaux grâce à ses pancartes et à ses costumes artisanaux élaborés. Elle a même inspiré Crayola à créer une couleur inspirée de la LPHF.
En tant que partisane, Harrison contribue à l’essor de la Ligue.
« Ça donne à tellement de femmes la possibilité de faire ce qu’elles aiment, et je suis ravie d’en faire partie à ma façon, a-t-elle confié à Toronto Life. J’aurais aimé grandir avec une ligue comme celle-ci et pouvoir m’inspirer de ces joueuses impressionnantes, mais mieux vaut tard que jamais. »
Tomber en amour avec la LPHF, et avec l’équipe d’Ottawa lancée en même temps que la ligue en 2024, la Charge d’Ottawa, a poussé Sali Lafrenie à plonger dans le passé enfoui du hockey féminin. Elle y a aussi trouvé une vocation.
« Être partisane de la LPHF m’a donné un nouveau sens à mon parcours professionnel et m’a aidée à réaliser que je veux devenir archiviste et historienne du sport, a-t-elle écrit dans un essai en 2024. Mais ça ne s’arrête pas là. Il reste du travail à faire pour les historien·nes, les archivistes et les partisan·es du sport comme moi afin de s’assurer que les histoires des femmes et des personnes racisées dans le sport ne soient pas laissées de côté. »
Mel Brown, une partisane de hockey de longue date, a vécu quelque chose de nouveau lors de sa première présence à un match de la LPHF. « Pour la première fois de ma vie, je me suis senti·e chez moi lors d’un événement sportif professionnel, a écrit Brown, qui est queer, dans un essai pour CBC. Et même plus que ça : je me suis senti·e désiré·e. »
Jeff Moores, un partisan du Frost du Minnesota originaire de Minneapolis, connaît bien ce sentiment. Enfant, il assistait à divers événements sportifs en ayant l’impression d’être un étranger. L’enthousiasme que d’autres ressentaient lors d’un match des Twins du Minnesota ou dans les arénas de hockey lui échappait. Être partisan lui semblait quelque chose de laid et d’égocentrique.
En 2024, attirés par des billets abordables, Moores et son partenaire ont commencé à assister aux matchs de l’équipe PWHL Minnesota. Ce qui l’a conquis, ce n’est pas un jeu spectaculaire, ni même les deux Coupes Walter consécutives remportées par le Frost. C’est plutôt la joyeuse diversité des gens réunis dans un même espace, profitant du moment en étant eux-mêmes. Un match en particulier, une sortie de groupe, a solidifié son attachement. L’amie de Moores, qui avait amené sa fille de 12 ans, a vécu une profonde émotion en voyant des femmes au cœur d’un véritable spectacle sportif d’envergure.
« J’ai l’impression de pouvoir être pleinement moi-même à un match de la LPHF, nous a confié Moores. Et je sais que les autres partisans et partisanes vont me respecter, que je vais les respecter en retour, et qu’on va tous et toutes passer un bon moment. »