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Il était une fois, en Italie

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par Ben Osborne

Alors que le monde se prépare pour les Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, il vaut la peine de revenir sur la dernière fois que les Jeux olympiques d’hiver se sont déroulés en Italie, lorsque le Canada a remporté l’or en hockey féminin à Turin en 2006 avec de nombreux visages désormais bien connus de la LPHF.

Pas moins de dix membres de cette équipe travaillent aujourd’hui au sein de la LPHF : Cassie Campbell-Pascall (conseillère spéciale de la LPHF), Jayna Hefford (vice-présidente directrice, opérations hockey), Becky Kellar (équipe de diffusion de la LPHF), Gina Kingsbury (DG des Sceptres de Toronto), Charline Labonté (consultante en développement des joueuses des Goldeneyes de Vancouver), Carla MacLeod (entraîneuse-chef de la Charge d’Ottawa), Caroline Ouellette (entraîneuse adjointe de la Victoire de Montréal), Cheryl Pounder (équipe de diffusion de la LPHF), Kim St-Pierre (directrice des opérations commerciales de la Victoire de Montréal) et Vicky Sunohara (consultante aux entraîneur·euses des Sceptres de Toronto).

Cette équipe canadienne est arrivée à Turin portée par le poids des attentes et la confiance des championnes. Quatre ans plus tôt, à Salt Lake City, le Canada avait décroché sa première médaille d’or olympique, reprenant ainsi sa place au sommet du hockey international. La mission en Italie n’était pas seulement de gagner à nouveau, mais de prouver que cette domination pouvait se maintenir. Ce qui s’est produit au cours des deux semaines suivantes demeure l’une des performances olympiques les plus complètes de l’histoire du programme, un tournoi qui, près de deux décennies plus tard, continue de façonner le hockey féminin de manière profonde.

« Je pense que c’était la meilleure équipe d’Équipe Canada que nous ayons jamais eue, a confié Campbell-Pascall à thepwhl.com. C’était assurément la meilleure équipe dans laquelle j’ai joué, mais je crois vraiment que c’était la meilleure de tous les temps. On avait un mélange de joueuses plus expérimentées comme moi et de jeunes joueuses très talentueuses qui commençaient à s’imposer. »

« Nous avons absolument dominé, a-t-elle souligné, en marquant 46 buts contre seulement 2. »

Le Canada a amorcé le tournoi avec une victoire de 16-0 contre le pays hôte, l’Italie, suivie d’un triomphe de 12-0 contre la Russie et d’un gain de 8-1 face à la Suède en ronde préliminaire. Un blanchissage convaincant de 6-0 contre la Finlande a mené à une revanche pour la médaille d’or contre les Suédoises, qui avaient surpris les États-Unis en demi-finale.

La victoire de 4-1 du Canada en finale, le 20 février 2006, a été nette et maîtrisée, mettant en lumière la profondeur et la structure de l’effectif. Des buts de Hefford, Ouellette, Gillian Apps et Cherie Piper ont assuré l’attaque, tandis que le système défensif canadien a limité la Suède à un seul filet. Le pointage final reflète bien la façon dont le Canada a contrôlé pratiquement toutes les facettes du jeu tout au long du tournoi.

Cette deuxième médaille d’or olympique consécutive en hockey féminin a confirmé le programme canadien comme la référence mondiale du sport, et constituait la deuxième d’une série de quatre médailles d’or d’affilée. Mais l’importance de cette équipe de 2006 va bien au-delà des résultats. Nous avons discuté avec toutes les membres de cette formation maintenant impliquées dans la LPHF afin de connaître leurs souvenirs favoris et de voir comment cette expérience les marque encore aujourd’hui.

Campbell-Pascall était la capitaine de l’équipe canadienne à Turin, apportant un leadership calme et assuré à un groupe qui devait gagner soir après soir. Déjà championne olympique en 2002, elle était une présence rassurante dans les moments de grande pression et une leader respectée dans le vestiaire. Aujourd’hui conseillère spéciale de la LPHF, Campbell-Pascall continue de façonner la vision stratégique de la Ligue, en s’appuyant sur la perspective et la crédibilité qui ont défini sa carrière de joueuse.

« Cette équipe parlait toujours de la possibilité qu’une ligue professionnelle comme celle-ci existe un jour, a-t-elle déclaré. Alors ce n’est pas surprenant que tant de joueuses en fassent partie aujourd’hui, et occupent des rôles de leadership, maintenant que cette ligue existe. »

Hefford a été l’un des moteurs offensifs du tournoi de Turin, terminant parmi les meilleures pointeuses du Canada avec trois buts et quatre passes. Sa vitesse et sa capacité à générer de l’attaque la rendaient presque impossible à neutraliser, et son expérience s’est avérée inestimable : il s’agissait de sa troisième médaille olympique et de sa deuxième d’or après avoir marqué le but décisif en 2002 à Salt Lake City. Aujourd’hui, Hefford est vice-présidente directrice des opérations hockey de la LPHF, où elle supervise la stratégie hockey à l’échelle de la Ligue, les normes de compétition et le produit sur la glace. Son passage d’athlète d’élite à cadre supérieure reflète le lien direct entre l’excellence olympique et la construction d’une ligue professionnelle.

« L’équipe de 2006 était un groupe spécial. C’était l’une des équipes les plus constantes dont j’ai fait partie, toujours performante à un très haut niveau, se souvient Hefford. Il y a maintenant tellement de membres de cette équipe qui sont toujours impliquées dans le hockey, et particulièrement dans la LPHF. Cela en dit long sur la passion du groupe. C’est incroyable de voir autant d’anciennes coéquipières continuer d’avoir un impact sur le sport dans des rôles de leadership, d’entraînement et dans les médias. »

Kellar, qui en était à ses troisièmes Jeux olympiques en 2006, a apporté expérience et polyvalence à la formation canadienne. Déjà médaillée d’or en 2002, elle était reconnue pour sa constance et sa capacité d’adaptation, capable de contribuer offensivement tout en demeurant fiable défensivement. Aujourd’hui membre de l’équipe de diffusion de la LPHF, elle contribue à rapprocher les générations en expliquant le hockey professionnel moderne à travers le prisme de son vécu, une carrière qui a finalement compté quatre participations olympiques et trois médailles d’or.

Comme ses coéquipières, Kellar garde d’excellents souvenirs de 2006 et se rappelle avec humour la passion de l’équipe pour Tim Hortons : « Il y avait un groupe d’entre nous qui se rendait à la salle d’entraînement chaque jour pour prendre un café. On avait surnommé l’endroit le “Kumbaya café”, on avait besoin de notre café canadien avant d’aller sur la glace! »

« Cette équipe était très soudée, a-t-elle ajouté. Les liens qu’on crée durent toute une vie. Tant de femmes de cette équipe sont maintenant dans la LPHF. Quand je les vois, je les considère toujours d’abord comme mes coéquipières, peu importe les rôles que nous occupons aujourd’hui. »

Kingsbury a remporté la première de ses deux médailles d’or consécutives à Turin, récoltant trois passes et contribuant partout sur la glace, à l’image de la profondeur de l’équipe canadienne. Sa vision du jeu s’est parfaitement transposée hors glace, où elle est devenue une entraîneuse et directrice générale accomplie. Elle est aujourd’hui DG de l’équipe nationale féminine du Canada tout en occupant le même poste chez les Sceptres de Toronto dans la LPHF. Ces fonctions la placent au cœur de la construction d’équipes au plus haut niveau du sport. Et à bien des égards, le carburant de son succès remonte à 2006.

« Mon souvenir préféré des Jeux de 2006 est probablement la cérémonie d’ouverture, a raconté Kingsbury. Avoir la chance d’entrer dans le stade vêtue de rouge et blanc pour représenter mon pays est un moment que je n’oublierai jamais. Ces Jeux et ceux de 2010 ont vraiment solidifié ma passion pour le hockey… Je me suis d’abord tournée vers l’entraînement, car c’était la voie la plus courante pour rester impliquée. Devenir DG n’était même pas dans mes plans jusqu’à ce que Hockey Canada m’offre un poste. Je suis très reconnaissante pour les liens et relations bâtis durant ma carrière avec l’équipe nationale; cela a façonné toute ma vie. »

Labonté a été un véritable pilier devant le filet d’une équipe canadienne intraitable, disputant trois matchs clés, dont le blanchissage en demi-finale contre la Finlande et la victoire pour l’or face à la Suède. Remplaçante lors de l’or de 2002, puis championne en 2010 et 2014, elle totalise quatre médailles d’or olympiques. Ayant pris sa retraite du jeu, elle demeure profondément impliquée comme consultante en développement des joueuses pour les Goldeneyes de Vancouver.

« On parle rarement des quatre années intenses qui précèdent les Jeux, et surtout des huit ou neuf mois d’entraînement extrême, a-t-elle confié. Je me souviens des hauts et des bas, des défis et des victoires. Quand on est au cœur de l’action comme athlète, on oublie parfois le processus et les leçons qu’on apprend, non seulement comme joueuses, mais comme personnes. Nous avions un groupe formidable avec de grandes leaders, et nous avons eu beaucoup de plaisir ensemble. Garder tout cela en tête m’aide énormément aujourd’hui dans mon rôle de mentor auprès des joueuses. »

MacLeod, alors âgée de seulement 23 ans, a apporté énergie et sang-froid à la brigade défensive canadienne, récoltant deux buts et deux passes en cinq matchs. Aujourd’hui entraîneuse-chef de la Charge d’Ottawa, elle transpose les leçons de son expérience olympique derrière le banc de la LPHF. Elle est également entraîneuse-chef de l’équipe nationale de la Tchéquie, poste qu’elle occupera aux Jeux de Milano Cortina.

« Les privilèges associés au fait de jouer à ce niveau sont infinis, a-t-elle expliqué. Vingt ans plus tard, ce qui ressort le plus clairement, ce sont les gens. Mes entraîneurs et entraîneuses de l’époque me soutiennent encore, mes coéquipières sont toujours des amies proches et continuent de faire une différence dans le hockey et dans leurs communautés. La LPHF nous permet de rester impliquées dans un sport qui nous a tant donné. »

Ouellette a été une autre pierre angulaire du succès canadien en 2006. Joueuse puissante et intelligente, capable d’avoir un impact dans les trois zones, elle a marqué un but en première période lors du match pour la médaille d’or. Turin a marqué sa deuxième médaille d’or olympique, et elle en remportera deux autres en 2010 et 2014, bâtissant ainsi l’une des carrières les plus décorées de l’histoire du hockey international. Aujourd’hui membre du Temple de la renommée du hockey, elle agit comme entraîneuse adjointe de la Victoire de Montréal, mettant sa profonde compréhension du jeu au service de l’une des six équipes fondatrices de la LPHF.

« C’était une équipe très spéciale avec un mélange incroyable de vétéranes et de jeunes joueuses prometteuses, a confié Ouellette. C’était la première fois de ma carrière que je faisais partie du groupe de leadership, et j’ai tellement appris de notre capitaine Cassie Campbell et de vétéranes comme Vicky Sunohara, Danielle Goyette, Becky Kellar et Cheryl Pounder. Cassie a dit quelque chose que je n’oublierai jamais : nous devions, en tant que groupe de leaders, accepter d’être parfois en désaccord entre nous, mais cela ne devait jamais paraître devant le reste de l’équipe. Cela m’a appris l’importance de faire preuve de cohésion comme leaders, malgré nos différences à l’occasion. »

Pounder a été une force stabilisatrice à la ligne bleue canadienne tout au long des Jeux olympiques d’hiver de Turin 2006. Reconnue pour son sens défensif et son jeu physique, elle a inscrit deux buts et deux passes durant le tournoi, en route vers une deuxième médaille d’or consécutive. Aujourd’hui, Pounder demeure une voix influente dans le monde du hockey à titre d’analyste de premier plan au sein de l’équipe de diffusion de la LPHF et de conférencière recherchée.

« Honnêtement, l’équipe de 2006 a eu un impact énorme sur moi au niveau personnel, a déclaré Pounder. J’ai compris ce qu’est une véritable équipe et ce que signifie croire pleinement que celles qui nous entourent sont là pour nous. En retour, cela m’a appris à être là pour les autres. Le véritable succès vient du fait de se pousser mutuellement dans la même direction. Cela veut dire apprendre à avoir des conversations difficiles, à prendre ses responsabilités et à comprendre ce qu’est le caractère. »

St-Pierre a joué un rôle clé dans la solide brigade de gardiennes de but canadiennes en 2006, protégeant le filet lors de deux matchs à Turin. Déjà médaillée d’or olympique en 2002, St-Pierre a contribué à la profondeur et à la préparation globale de l’équipe, avant d’ajouter une autre médaille d’or à son palmarès en 2010. Aujourd’hui, elle occupe le poste de directrice des opérations commerciales de la Victoire, où elle contribue à façonner l’aspect organisationnel de l’équipe de la LPHF évoluant dans sa province natale.

« Mon souvenir préféré des Jeux olympiques de 2006, c’est de voir Danielle Goyette porter le drapeau canadien lors de la cérémonie d’ouverture, a raconté St-Pierre. Voir une coéquipière et une véritable leader entrer dans le stade avec la feuille d’érable bien haute a été un moment incroyablement fier pour nous toutes. Faire partie de l’équipe olympique de 2006 a joué un rôle énorme dans la personne que je suis devenue. Dans cette équipe, chacune avait un rôle, chacune comptait, et chacune menait à sa façon. On apprend rapidement que le succès n’est jamais une réussite individuelle. Il se bâtit grâce aux gens qui nous entourent… Cette compréhension se transpose directement au monde des affaires : chaque personne compte, chaque rôle a sa valeur, et de grands résultats naissent d’un groupe qui se sent soutenu, en confiance et uni. »

Le rôle de Sunohara au sein de l’équipe de 2006 reflétait son importance durable pour le hockey féminin canadien. Triple olympienne dont la carrière a traversé les années formatrices du sport à l’échelle internationale, Sunohara apportait leadership, fiabilité et une offensive explosive au groupe d’attaquantes. Sa compréhension de ce qu’il faut pour réussir comme joueuse s’est naturellement transposée au coaching : elle est entraîneuse-chef de l’équipe féminine de l’Université de Toronto depuis 2011 et consultante auprès des entraîneur·euses des Sceptres depuis 2024.

À propos de 2006 et de son impact aujourd’hui, Sunohara a confié : « Je me souviens d’avoir pris le temps de savourer chaque moment, dès la cérémonie d’ouverture, parce que je savais que ce seraient probablement mes derniers Jeux olympiques. Ce sont les souvenirs avec mes coéquipières, mes amies et ma famille que je chéris le plus… C’est un privilège de travailler avec les Sceptres et de partager mon expérience. Toute occasion de contribuer à la croissance et au développement de cette ligue et du hockey féminin est quelque chose que je valorise énormément. »

En guise de postscriptum à ce groupe exceptionnel de femmes, l’équipe féminine canadienne de hockey de 2006 a été intronisée au Temple de la renommée olympique du Canada en 2012, en reconnaissance non seulement de ses résultats, mais aussi de son impact durable sur le sport. Alors que les Jeux olympiques d’hiver reviennent en Italie pour la première fois depuis Turin, l’héritage de cette équipe médaillée d’or se fait particulièrement sentir. Comme l’ont si bien exprimé les membres de cette formation aujourd’hui impliquées dans la LPHF, l’équipe championne de 2006 n’a pas été qu’un simple moment de domination; elle a constitué une véritable fondation. Désormais, ces mêmes femmes qui ont offert l’excellence olympique en Italie veillent à ce que le hockey féminin dispose de la structure, de la visibilité et des occasions nécessaires pour atteindre des sommets sans précédent.

Et, comme l’a révélé Campbell-Pascall avec bonheur, il existe aujourd’hui une discussion de groupe très active réunissant les membres de cette équipe historique.

Photos fournies par Hockey Canada